La Pologne vaincue et la guerre d’hiver de 1939-1940

Publié le : 03 décembre 202021 mins de lecture

Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu la Guerre d’hiver, également connue sous le nom de guerre russo-finlandaise : l’Union soviétique a attaqué le pays scandinave après le pacte conclu avec le régime nazi, qui les a vu envahir ensemble la Pologne (sujet traité dans un article précédent : L’invasion de la Pologne en septembre 1939). Dans cet article, nous retraçons les faits historiques qui ont conduit à la guerre finno-russe.

La défaite de la Pologne

Après la défaite de la Pologne et la division de son territoire entre l’Allemagne et l’Union soviétique, la politique que Hitler a décidé d’appliquer sur le territoire polonais a certainement été plus dévastatrice et plus agressive que celle décidée par Staline. En octobre 1939, la Prusse occidentale, la Posnanie et la Haute-Silésie orientale sont annexées au Troisième Reich, ainsi que les régions de l’ancienne Pologne au nord et à l’ouest de Varsovie. Alors que la partie centrale de la Pologne est déclarée gouvernorat général et est confiée à Hans Michael Frank.

La deuxième phase

La deuxième phase est l’expulsion de tous les Polonais des régions annexées au Reich pour permettre l’immigration forcée d’Allemands de Volinie, de Bessarabie et des États baltes. Le gouverneur Frank, qui a immédiatement démontré sa loyauté à la politique la plus féroce des nazis, sous prétexte de punir les Polonais qui s’étaient rebellés contre l’invasion allemande de septembre 1939, (parmi les différents épisodes se détache le « Dimanche sanglant » de Bromberg qui a eu lieu le 3 septembre 1939), a fait exterminer tous les membres de la classe dirigeante polonaise.

La troisième phase

Puis la troisième phase a été mise en œuvre, qui a consisté à rassembler toutes les personnes de religion juive et à les interner dans les ghettos de Varsovie et de Lodz. Cette stratégie politique, contraire au droit international et impliquant l’émigration forcée de populations entières, ainsi que la modification des frontières et le statu quo en vigueur depuis de nombreuses années, a eu des conséquences dévastatrices pour tous. Tant pour les Allemands lorsqu’ils ont été écrasés par les troupes soviétiques en 1944-45, que pour les Russes lorsque les troupes allemandes ont avancé sur le front de l’Est en 1941.

Après l’invasion de la Pologne, Staline a exploité les accords conclus avec Hitler par l’intermédiaire des ministres des affaires étrangères Joachim von Ribbentrop et Vjačeslav Michajlovič Molotov (dans un pacte portant le nom des ministres). Il a tout d’abord forcé les gouvernements d’Estonie, de Lituanie et de Lettonie à mettre à disposition leurs bases aériennes, navales et terrestres afin qu’elles puissent être gérées par les commandements de l’Armée rouge. Les trois gouvernements ont accepté sans conditions.

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Guerre d’hiver : la guerre entre la Russie et la Finlande

Cependant, lorsque Staline a exigé que la Finlande conserve sa souveraineté et modifie ses frontières de manière défavorable afin qu’elle soit contrainte de déplacer ses frontières vers l’isthme de Carélie, le gouvernement finlandais a répondu unanimement qu’il n’accepterait aucun ordre de l’Union soviétique. A ce moment-là, Staline a déclaré la guerre à la Finlande et a ordonné aux troupes de Leningrad d’attaquer ses frontières orientales.

Les généraux soviétiques imaginaient que l’armée finlandaise serait rapidement défaite, en partie grâce aux divisions internes qui s’étaient déjà manifestées lors de la révolution d’octobre en divisant les Finlandais en Rouges et en Blancs, ces derniers étant favorables au tsar. Mais cela ne s’est pas produit.

Tout le peuple finlandais s’est rangé du côté de son armée. Celui-ci, sous le commandement du maréchal Mannerheim, a réussi à repousser l’attaque soviétique en infligeant de lourdes défaites à l’Armée rouge. Ces victoires ont eu des conséquences internationales de grande envergure, car la capacité offensive de l’Armée rouge a été jugée négative. Les Allemands sont restés neutres et n’ont pas envoyé de troupes contre les Finlandais. Ils ont tenu bon tout l’hiver jusqu’en mars 1940, date à laquelle ils ont signé un armistice avec les Soviétiques.

La guerre d’Hiver (en finnois : talvisota ; en suédois : vinterkriget ; en russe : Зи́мняя война́, Zimnyaya voyna), connue également sous le nom de guerre soviéto-finlandaise ou guerre russo-finlandaise, éclate pendant la Seconde Guerre mondiale, le 30 novembre 1939 avec l’invasion de la Finlande par l’Union soviétique, peu de temps après l’échec des négociations engagées par les Soviétiques avec les Finlandais visant à créer une zone tampon pour protéger la ville de Leningrad, très proche de la frontière, d’une éventuelle attaque de l’Allemagne nazie — la Finlande étant dans la sphère d’influence soviétique selon les clauses secrètes du pacte germano-soviétique.

L’attaque de la Finlande est jugée illégale par la Société des Nations qui, en représailles, exclut l’URSS le 14 décembre 1939. La résistance acharnée des Finlandais face à l’Armée rouge, qui lutte pourtant à quatre contre un, dure jusqu’au 13 mars 1940 (date du traité de Moscou), soit pendant 104 jours. Le traité de Moscou coupe court aux préparatifs franco-britanniques d’envoi d’une force de soutien à la Finlande, via le nord de la péninsule scandinave. Par la suite, l’invasion du Danemark et de la Norvège par l’Allemagne, le 9 avril 1940 (opération Weserübung), détourne l’attention mondiale vers la bataille pour la possession de la Norvège.

Les résultats de la guerre sont mitigés. Ni l’URSS ni la Finlande n’en sortent indemnes. Outre ses lourdes pertes humaines, la Finlande se voit dépossédée, aux termes du traité de Moscou, de 10 % de son territoire et de 20 % de son potentiel industriel. Elle cède également une des plus grandes villes du pays, Vyborg (Viipuri en finnois). Cependant, les Finlandais conservent leur souveraineté et gagnent une reconnaissance à l’échelle internationale, la propagande élevant la notion de sisu (l’esprit de ténacité des Finlandais) au rang de mythe national. La résolution des combats peut apparaître comme miraculeuse : la Finlande résiste à un pays environ 47 fois plus peuplé et 66 fois plus étendu qu’elle-même et, étant un pays majoritairement rural, elle tient tête à une puissance industrielle. L’armée finlandaise inflige de lourdes pertes à son adversaire soviétique, qui aligne pourtant des effectifs quatre fois supérieurs à la Finlande et est doté de matériel moderne.

Ainsi, si les Soviétiques réussirent à s’emparer de l’isthme de Carélie, obtenant par la force ce qu’ils n’ont pas réussi à obtenir par la négociation, c’est au prix d’une dégradation de l’image du pays et de sa force militaire. Pire encore, les qualités combatives de l’Armée rouge sont remises en doute, un fait qui a contribué à la décision d’Adolf Hitler de lancer l’opération Barbarossa contre la Russie. La guerre d’Hiver est par conséquent considérée comme un désastre militaire pour l’Union soviétique. Staline réalise, après ce fiasco, qu’un contrôle politique poussé sur l’armée est irréalisable. Après la guerre d’Hiver, le Kremlin entame une politique visant à réinstaller aux commandes de l’Armée rouge des officiers aguerris et à moderniser ses forces, décision judicieuse qui permettra aux Soviétiques de ne pas s’écrouler suite à l’assaut allemand lors de l’opération Barbarossa.

Peu de temps après la fin de la guerre d’Hiver, un nouveau conflit éclatera entre la Finlande et l’Union soviétique, la guerre de Continuation, du 25 juin 1941 jusqu’au 19 septembre 1944.

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Contexte

La ligne Mannerheim fut le théâtre de certains des combats les plus acharnés de la guerre d’Hiver.
Article détaillé : Contexte de la guerre d’Hiver.
La Finlande fait depuis longtemps partie du Royaume de Suède, lorsqu’en 1809 elle est conquise par l’Empire russe lors de la guerre de Finlande. Elle devient alors un duché autonome proche de la capitale russe Saint-Pétersbourg. Après avoir abrité Lénine durant la phase démocratique de la Révolution russe, la Finlande prend ses distances avec le pouvoir russe, à la suite du coup d’État bolchévik qui amène les communistes au pouvoir, et déclare son indépendance le 6 décembre 1917.

L’Empire allemand, qui a financé le retour de Lénine en Russie, espérant accélérer la sortie de l’Empire russe de la guerre, soutient également le mouvement séparatiste clandestin finlandais pendant la Première Guerre mondiale. Durant la guerre civile finlandaise qui suit l’accession de Lénine au pouvoir en Russie, les chasseurs finlandais (jääkäri), entraînés par les Allemands, et les troupes régulières allemandes combattent les communistes, avec pour projet l’établissement d’une monarchie vassale de l’Allemagne en Finlande, avec Frédéric-Charles de Hesse-Cassel comme roi de Finlande. Mais, la défaite de l’Allemagne à la fin de la Première Guerre mondiale empêche la concrétisation de ce projet politique, et des républicains démocrates l’emportent. Pendant la République de Weimar, les liens finno-allemands restent étroits. Cependant, après 1933, le régime nazi n’inspire pas une grande sympathie en Finlande.

Les relations entre l’Union soviétique et la Finlande sont constamment tendues : les deux périodes de russification de la Finlande, forcée au tournant du siècle, ainsi que les souvenirs du soulèvement socialiste raté lors de la guerre civile, contribuent à une forte méfiance mutuelle. Pour le gouvernement bolchévique, la Finlande fait partie des « états impérialistes » et la présence de la frontière soviéto-finlandaise, à seulement 32 kilomètres de Leningrad, représente à la fois un danger en cas d’attaque et une porte ouverte à tous les « éléments socialement hostiles » voulant fuir le régime soviétique. En 1932, l’Union soviétique signe un pacte de non-agression avec la Finlande. L’accord est confirmé en 1934 pour dix ans. Mais la méfiance reste et, en prévision d’un possible conflit, le gouvernement finlandais achète, le 12 octobre 1937, des avions Fokker D.XXI pour moderniser son aviation.

En avril 1938, l’Union soviétique initie des négociations diplomatiques avec la Finlande pour tenter d’améliorer la défense mutuelle des deux pays contre l’Allemagne. Les Soviétiques invoquent principalement la crainte d’une attaque allemande contre Leningrad utilisant la Finlande comme tête de pont. La Finlande affirme sa neutralité, et plus d’un an passe sans que la situation n’évolue, alors que dans le même temps l’Europe marche inexorablement vers la guerre voulue par l’Allemagne.

Le 23 août 1939, le Troisième Reich et l’Union soviétique signent un pacte de non-agression, connu sous le terme de pacte germano-soviétique. Ce pacte comprend une clause secrète, qui vise à partager en « zones d’influences » les pays situés entre les deux puissances. En particulier, la Finlande se retrouve dans la zone attribuée à l’Union soviétique, tandis que la Pologne est coupée en deux. En septembre 1939, l’Allemagne et l’URSS envahissent la Pologne : le pays est partagé selon la clause secrète du pacte.

Carte montrant les paroisses de Repola et Porajärvi (en).
Le 9 octobre 1939, l’URSS relance les négociations déjà initiées avec la Finlande en avril 1938. Le 14 octobre 1939, le ministre des Affaires étrangères soviétique demande à Juho Kusti Paasikivi, l’envoyé spécial finlandais, la location pour trente ans du port de Hanko, qui commande l’entrée du golfe de Finlande. Ceci permettrait aux Soviétiques de contrôler le golfe, rendant impossible son blocus par l’Allemagne nazie, et soumettant par la même occasion le trafic maritime d’Helsinki au bon vouloir de Staline. Le recul de la frontière sur l’isthme de Carélie (laissant cependant à la Finlande la plus grande partie de la ligne Mannerheim) est également demandé, afin de mettre Leningrad hors de portée de l’artillerie lourde ennemie. Enfin, l’URSS demande une rectification de la frontière à l’extrême nord, englobant la région de Petsamo et comprenant le port de Liinakhamari, unique accès finlandais sur l’océan Arctique, riche en nickel.

Le gisement de nickel, l’un des plus importants du monde à l’époque, découvert en 1924, est exploité depuis 1935 par l’entreprise canadienne Inco. Après 1940, un consortium germano-soviétique, comprenant entre autres IG Farben et Krupp, se partagent l’exploitation de celui-ci jusqu’au déclenchement de l’opération Barbarossa. De plus, le port de Liinakhamari constituerait une base avancée de la flotte de Mourmansk (seul port soviétique libre de glace toute l’année) à quelques kilomètres de la Norvège.

Au total, c’est 2 750 km2 que demande l’URSS à la Finlande, proposant de lui céder en échange 5 527 km2 autour de Repola et Porajärvi (en), une région lacustre faiblement peuplée de la république socialiste soviétique autonome de Carélie.

Les Finlandais sont prêts à accepter cet accord, sauf en ce qui concerne la location de Hanko. Les Soviétiques refusent de modifier leurs exigences, ce qui conduit les Finlandais à abandonner les pourparlers le 13 novembre 1939.

Face au refus finlandais, l’URSS met en scène le 26 novembre 1939 le bombardement de Mainila : l’artillerie soviétique bombarde les environs du village russe de Mainila, proche de la frontière, tuant quatre soldats de l’Armée rouge ; accusant l’artillerie finlandaise d’en être l’auteur, les Soviétiques exigent des excuses auprès de la Finlande. Cette dernière ne cédant pas, l’URSS résilie deux jours plus tard le pacte de non-agression de 1932 entre les deux pays, puis franchit la frontière le 30 novembre 1939, entamant sans préparatifs militaires réellement sérieux ce qui devient la guerre d’Hiver. Ce ne sera qu’en 1988 que l’URSS, sous la direction de son premier secrétaire Mikhaïl Gorbatchev, reconnaitra la mise en scène de l’agression.[réf. souhaitée]

Au sujet de ce refus finlandais initial, le président Urho Kekkonen déclare en septembre 1963 que : « Maintenant, plus de 20 ans après, si nous nous mettons dans la position de l’Union soviétique, puis en considérant l’attaque allemande en 1941, alors les considérations qu’avaient, et que se devaient d’avoir les Soviétiques quant à leur sécurité à la fin des années 1930, deviennent compréhensibles ».

Interventions étrangères

La cause finlandaise fut embrassée majoritairement dans l’opinion publique mondiale. La Seconde Guerre n’avait pas encore sa dimension « mondiale » : depuis l’invasion de la Pologne par l’Allemagne et l’URSS, seule la Finlande tenait encore tête au pacte Hitler-Staline signé à l’été 1939, les États-Unis étant neutres, la Grande-Bretagne et la France inactives (période dite de la « drôle de guerre ») ; à cette période, la guerre d’Hiver était le seul véritable champ de bataille, et attirait de fait le regard mondial. L’agression soviétique était majoritairement jugée comme injustifiée, comme l’avait été, un mois plus tôt, la destruction de la Pologne, et la Finlande était clairement perçue comme un pays allié. Différentes organisations internationales envoyèrent de l’aide, comme du matériel médical. Les Finlandais émigrés au Canada ou aux États-Unis retournèrent dans leur pays d’origine, et de nombreux volontaires (dont le futur acteur Christopher Lee) rejoignirent les forces finlandaises : 1 010 Danois, 895 Norvégiens, 372 Ingriens, 346 Finlandais expatriés, 210 volontaires d’autres nationalités rallièrent la Finlande avant la fin des hostilités. Les correspondants de guerre à Helsinki relatèrent, en les exagérant fortement, les victoires des soldats finlandais et célébrèrent leur ingéniosité supposée.

La Suède, qui s’était déclarée non belligérante dans ce conflit (plutôt que neutre comme dans la guerre opposant l’Allemagne nazie et les puissances occidentales), fournit du matériel militaire, des fonds et des prêts monétaires, de l’aide humanitaire et 8 700 volontaires suédois à la Finlande. Son action la plus significative fut sans doute l’envoi du Corps des Volontaires de l’armée de l’air suédoise, actif à partir du 7 janvier, avec douze chasseurs, cinq bombardiers et huit avions de reconnaissance ou de transport, soit environ un tiers des forces aériennes suédoises de l’époque. Les pilotes et rampants volontaires provenaient des rangs mêmes de l’Armée de l’air. L’as Carl Gustav von Rosen, (neveu par alliance de Hermann Göring), se porta volontaire de manière indépendante. La Finlande put également compter sur environ 900 ouvriers et ingénieurs volontaires dans ses usines.

Le Corps des Volontaires suédois, avec 8 420 hommes en Finlande – seule formation importante de volontaires ayant achevé son entraînement avant la fin du conflit – commença à relever cinq bataillons finlandais à Märkäjärvi à la mi-février. Côte à côte avec les trois bataillons finlandais restants, le corps expéditionnaire lutta contre deux divisions soviétiques, et se préparait à attaquer à la mi-mars, lorsque le traité de paix en interrompit les préparatifs. Trente-trois hommes furent tués au combat, parmi lesquels le commandant du premier bataillon, le lieutenant-colonel Magnus Dyrssen.

Les volontaires suédois restent encore aujourd’hui un sujet de controverse entre la Suède et la Finlande. Les pourparlers internes qui eurent lieu dans les années immédiatement avant la guerre laissaient espérer un soutien bien plus important à la Finlande de la part de la Suède, notamment en termes de troupes régulières. Cela aurait peut-être permis à la Finlande de repousser l’assaut soviétique et même de ne pas être attaquée du tout.

Néanmoins, l’aide apportée par les volontaires, principalement scandinaves, fut appréciée par les Finlandais. Cela peut notamment s’illustrer par la présence pendant la campagne de Norvège d’une unité médicale de volontaires finlandais aidant les défenseurs contre l’invasion allemande en avril 1940. Mais ceux-là retournèrent bientôt en Finlande, du fait de la victoire rapide des Allemands.

Les Anglais fournissent une trentaine d’avions obsolètes ; Mussolini trente-cinq appareils modernes. La France fournit 145 avions, 500 canons de gros calibre, 5 000 mitrailleuses et 400 000 fusils. Cependant, une partie de cet équipement parvint après le cessez-le-feu.

Conséquences

Pour les deux camps, le résultat de la guerre a été mitigé. Bien que les forces soviétiques ne soient pas parvenues à traverser la défense finlandaise, ni l’Union soviétique ni la Finlande ne sont sortis du conflit indemnes. Les pertes soviétiques sur le front étaient énormes, et le prestige international du pays en a souffert. Pis encore, les capacités de combat de l’Armée rouge ont été remises en question, encourageant la prise de décision par Hitler de déclencher l’opération Barbarossa. En conclusion, les forces soviétiques n’ont pas atteint leur premier objectif qui était la conquête de la Finlande, mais ont gagné une cession de territoire le long du lac Ladoga. Les Finlandais ont, quant à eux, maintenu leur souveraineté et ont gagné un intérêt international considérable, malgré les fortes pertes de territoires.

Les préparatifs franco-britanniques voués à venir en aide à la Finlande par le nord de la Scandinavie (campagne de Norvège), en occupant par la même occasion la région et ses mines de fer, précipitèrent l’invasion du Danemark et de la Norvège (opération Weserübung) par l’Allemagne nazie moins d’un mois après la guerre.

La guerre d’Hiver est considérée comme un désastre militaire pour l’Union soviétique et a été interprétée comme un indice de faiblesse inhérent au système soviétique. Il faut tenir compte qu’aucune des grandes armées occidentales, pas même la puissante Wehrmacht comme on allait pouvoir le constater en 1941, n’était préparée au combat hivernal offensif. Après la guerre d’Hiver, le Kremlin lança un processus de promotion d’officiers qualifiés, d’atténuation des prérogatives des commissaires politiques et de modernisation de ses forces ; décisions importantes qui aidèrent les forces Soviétiques à résister à la prochaine agression allemande. De nombreuses écoles militaires sont créées pour tous les niveaux hiérarchiques et techniques. Le maréchal Timochenko remplace Kliment Vorochilov comme commissaire du peuple pour les affaires militaires et navale. La modernisation des forces armées est reprise : lance-roquettes katioucha, chars T-34 et KV. Les purges staliniennes déclinent, mais ne cessent pas.

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